En tant que patients et représentants d’associations, nous nous élevons avec force contre les récentes prises de position de Monsieur François Bayrou concernant la santé, et plus particulièrement la gestion des Affections Longues Durée (ALD). Ces déclarations, qui semblent suggérer une remise en question du modèle actuel de prise en charge, sont perçues comme une menace directe pour la santé et la dignité de millions de Français.
Pourquoi contestons-nous ?
Les ALD ne sont pas un luxe, mais une nécessité vitale pour les personnes atteintes de maladies chroniques. Elles garantissent une prise en charge à 100 % des soins liés à l’affection, évitant ainsi un reste à charge insoutenable pour des traitements souvent lourds et continus. Remettre en cause ce principe, c’est mettre en péril la stabilité financière et la santé de nombreux foyers.
Nous craignons que toute réforme non concertée et motivée par des considérations purement budgétaires n’entraîne plusieurs conséquences désastreuses :
- Détérioration de l’état de santé des patients : En limitant l’accès aux soins ou en augmentant le coût pour les patients, on risque de voir des personnes renoncer à leurs traitements, avec des conséquences dramatiques sur leur qualité de vie et l’évolution de leur maladie.
- Augmentation des inégalités sociales de santé : Les personnes les plus précaires seraient les premières touchées, creusant davantage le fossé entre ceux qui peuvent se soigner et ceux qui ne le peuvent pas.
- Surcharge du système de santé à terme : Des soins moins bien pris en charge aujourd’hui se traduiront par des complications et des hospitalisations plus fréquentes et plus coûteuses demain.
- Perte de confiance des patients : Les déclarations perçues comme alarmantes et le manque de consultation avec les principaux intéressés érodent la confiance dans les politiques de santé publique.
Nos demandes claires et non négociables :
Nous exigeons que toute décision concernant les ALD et, plus largement, l’avenir de notre système de santé, soit précédée d’une concertation approfondie et transparente avec l’ensemble des acteurs de la santé, et en premier lieu avec les associations de patients. Nous sommes les premiers concernés et notre vécu doit être au cœur des réflexions.
Nous demandons que l’accès aux soins pour les ALD soit maintenu à son niveau actuel, garantissant une prise en charge intégrale pour les affections reconnues. Il est impératif de protéger les plus vulnérables et de ne pas transformer la maladie en fardeau financier.
Enfin, nous appelons à une vision de la santé qui soit basée sur la solidarité et l’équité, et non sur des logiques comptables qui mettent en péril la vie des patients. La santé n’est pas une variable d’ajustement budgétaire, mais un droit fondamental.
Monsieur Bayrou, nous vous invitons à entendre la voix des patients. Nos vies et notre bien-être dépendent des décisions qui seront prises. Il est temps de travailler ensemble pour bâtir un système de santé plus juste, plus résilient et véritablement au service de tous.
Mme Nathalie ROBERT
Directrice générale de Spondyloaction
Patiente partenaire. Représentante des usagers, GHT, MCO, SSR
Vice président des représentants des usagers GHT 93.
