Archives de catégorie : spondyloarthrite

Longue vie à Spondyl(O)action !

Professeur Jérémie SELLAM, Service de rhumatologie de l’Hôpital Saint-Antoine – Paris, parrain de notre association.

Pr. Jérémie SELLAM | Parrain de l’association
Pr. Jérémie SELLAM | Parrain de l’association

La spondyloarthrite est un rhumatisme inflammatoire chronique touchant environ 300 000 personnes en France. Parfois de diagnostic difficile, cette pathologie recouvre un vaste éventail de manifestations cliniques (douleurs vertébrales nocturnes, des talons, gonflements articulaires, etc), qui sont autant de signes, parfois peu visibles, faisant suspecter le diagnostic. Nous connaissons de mieux en mieux la spondyloarthrite : ses mécanismes biologiques, son évolution, ses traitements, mais il reste du travail !

En effet, ces dernières années, les progrès ont été nombreux en terme de diagnostic, grâce à l’apport de l’IRM, de connaissance quant à l’évolution de cette maladie, grâce aux cohortes de patients (en France la cohorte DESIR), et aussi en terme de traitement (bio médicament ou biothérapie).

Il faut cependant faire encore plus : mieux informer les patients mais aussi le grand public, soutenir la recherche pour identifier de nouveaux traitements, encourager la formation de la communauté médicale et paramédicale (kinésithérapeutes, podologues, infirmières, etc) sur la spondyloarthrite, favoriser les échanges entre les patients souffrant de cette affection notamment via les réseaux sociaux.

C’est dans ce contexte que l’association Spondyl(O)action est née. Spondyl(O)action a donc de nombreux défis devant elle : son dynamisme lui permettra de les relever !

Longue vie à Spondyl(O)action !

Université Pierre et Marie Curie Paris 6
Département hospitalo-universitaire « Inflammation-Immunopathologie-Biothérapie » DHU i2B
Service de rhumatologie, Hôpital Saint-Antoine, AP-HP
Centre de Recherche Saint-Antoine, Inserm UMRS_938

Reportage TéléMatin

Santé – Comment traiter la spondylarthrite ?

reportage en date du 4 mars 2016 présenté par Brigitte Fanny-Cohen

Mal de dos : comment améliorer le diagnostic de la spondylarthrite

Plus de 7 personnes sur 10 auront mal au dos au cours de leur vie, le plus souvent par épisodes ponctuels mais parfois aussi de manière chronique.

Beaucoup se plaignent  en particulier d’un « mal de rein » de plus de trois mois et incriminent leur métier ou un effort récent. Les médecins ont tendance à accepter les explications des malades : « je viens de déménager », « j’ai fait un faux mouvement », « il faut que je change mon matelas ». Faux: dans 5 à 10 % des cas, la cause de ces douleurs relève d’une spondylarthrite, une maladie inflammatoire chronique. Son diagnostic est difficile et le plus souvent tardif.

Mais une étude récente démontre qu’un diagnostic plus précoce serait possible en se basant sur un très petit nombre de signes. Il convient poser cette question primordiale : « À quelle heure votre dos vous fait-il le plus mal dans la journée : le matin ou le soir ?». Et si le patient répond : « le matin », il faut voir si cette douleur s’accompagne d’une raideur du dos le matin qui dure au moins une demi-heure et qui s’estompe ensuite dans la journée.

Le diagnostic sera ensuite affiné par une IRM et un test sanguin.  En France 200 000 personnes souffrent de spondylarthrite.

Maladie auto-immune

Maladie due, au moins en partie, à une action anormale du système immunitaire : les cellules (lymphocytes) ou les substances de défense (anticorps) s’attaquent sans raison à certains organes comme s’il s’agissait de corps étrangers.

On parle de maladie auto-immune lorsque le système immunitaire de l’organisme déclenche une réaction inflammatoire avec immunisation caractérisée envers ses antigènes du soi non-modifié — d’où la racine auto- pour parler de ce trouble de l’immunité.

Parmi ces maladies peuvent être cités la sclérose en plaques, le diabète de type 1 — jadis appelé « diabète juvénile » ou « diabète insulino-dépendant » —, le lupus, les thyroïdites auto-immunes, la polyarthrite rhumatoïde, la spondylarthrite ankylosante, le syndrome de Goujerot-Sjögren, la maladie de Crohn, etc.

Mécanismes

Le système immunitaire est un ensemble de cellules et voies métaboliques conduisant à l’élimination d’une grande variété de pathogènes. Ce système repose sur la notion très centrale du soi opposé au non-soi ainsi qu’au soi modifié. Cette distinction s’effectue grâce à des marqueurs chimiques du soi (id est la reconnaissance de motifs antigéniques plus ou moins spécifiques) mais elle n’est pas véritablement innée : les cellules immunitaires naïves sont d’abord sensibilisées et sélectionnées en fonction de leur réactivité vis-à-vis de ces marqueurs du soi. Cela explique notamment le fait que les individus chimériques n’expriment pas forcément « plus » d’auto-immunité que des individus monozygotes.

Il existe donc chez tous les vertébrés une auto-immunité latente, laquelle est en temps normale inhibée par les mécanismes de régulation de la maturation des cellules immunitaires.

Antigène HLA-B27

L’antigène HLA-B27 (human leucocyte antigen B27) est un antigène de surface de classe I, codé par le locus B du complexe majeur d’histocompatibilité, sur le chromosome 6.

Sa fréquence dans la population générale varie de 8 % chez les caucasiens à 0,5 à 1 % chez les japonais. Sa présence est associée à un certain nombre de maladies auto-immunes, comme la spondylarthrite ankylosante, ce qui signifie qu’un individu porteur du HLA-B27 a significativement plus de risque de développer ces maladies qu’un autre individu.

C’est une dénomination, selon des considérations génétiques, d’une variante du gène situé sur le locus B du Chromosome 6 humain. Le gène en question permet aux cellules de produire les molécules du CMH qui joue un rôle clef dans les mécanismes de reconnaissance du système immunitaire.

L’allèle HLA-B27 de ce gène est fortement associé à certaines maladies immunitaires (par exemple les spondyloarthropathies). Les personnes qui ont un groupe tissulaire HLA-B27 + sont prédisposées à certaines maladies immunitaires dégénératives. Les articulations, le système digestif ainsi que les yeux peuvent être touchés.

Qu’est-ce qu’un antigène ?

Il existe, à la surface de chaque cellule, des molécules qui servent à les distinguer des autres. Ces marqueurs sont des antigènes. Lorsqu’ils sont mis en contact avec un autre organisme vivant, ce dernier va réagir en fabriquant des anticorps. Comme ces molécules ont été découvertes sur les globules blancs (leucocytes), les chercheurs les ont appelées «antigènes leucocytaires humains» et en anglais, «human leucocyte antigens» (HLA). Il en existe au moins 4 types, désignés par les lettres A, B, C et D. Chaque type comporte une série d’antigènes, identifiables par un chiffre.

Il faut insister sur le fait que les antigènes HLA sont des caractères normaux, comme la couleur des yeux ou des cheveux, et nullement un signe de maladie.

Le « B27 »

Il se fait que le numéro 27 du type B est étroitement associé à la SA. En effet, dans la population belge générale, 8% des gens en sont porteurs, tandis que dans la population des spondylarthritiques belges, cette proportion atteint les 92%. Toutefois, si 8% des Belges présentent le HLA-B27 et que seulement 0,2 à 0,5% des Belges ont la SA, on comprend qu’il y ait beaucoup plus de gens porteurs du HLA-B27 sans SA qu’avec SA.

Cela signifie deux choses :

  • En premier lieu, le HLA-B27 ne suffit pas à causer la maladie; d’autres facteurs génétiques et/ou des facteurs liés au milieu extérieur entrent très probablement en ligne de compte.
  • En second lieu, le HLA-B27 n’est pas en soi une preuve diagnostique. Ce n’est pas un bon moyen de dépistage. Si d’autres arguments orientent vers la SA, le HLA-B27 est superflu et représente une dépense inutile.

Lorsqu’il y a un doute, ce test peut renforcer la suspicion de diagnostic, sans fournir de preuve absolue.

L’hérédité

Si vous n’avez pas l’antigène HLA-B27 (ni vous, ni votre conjoint), le risque de transmission de la maladie est très faible. Si l’un des parents est porteur du B27, les enfants auront un risque sur deux d’hériter de l’antigène. Celui qui serait porteur de B27 aura un risque sur 5 d’attraper une forme de spondyloarthrite et environ un risque sur 10 que ce soit une SA caractérisée.

Spondyloarthrite

Spondylarthrite vient du grec spondylos (spondyl) qui veut dire vertèbre et de « arthrite ». Ankylosante vient de Ankylose, qui veut donner comme sens : se solidifie, consolide.

La spondylarthrite est la forme classique d’un groupe de maladies regroupées sous le nom de spondylarthropathies. Ces dernières ont toutes en commun l’atteinte inflammatoire de la colonne vertébrale et du bassin, des articulations périphériques et à un degré divers d’autres organes.

La spondylarthrite est un rhumatisme inflammatoire douloureux qui se caractérise par sa localisation préférentielle à la colonne vertébrale et aux articulations sacro-iliaques du bassin, avec un risque au cours de l’évolution de survenue d’un enraidissement progressif. Cette pathologie peut également atteindre les articulations périphériques (celles des membres inférieurs surtout) et d’autres organes comme la peau, l’œil ou l’appareil digestif le plus souvent.

∑ à télécharger

Document du HAS  – Haute Autorité de Santé – concernant les actes et prestations – affectations de longue durée en date de novembre 2015.

∑ à lire 

Les biothérapies : qu’est ce que c’est ? article publié par SFR – Société Française de Rhumatologie